Gaza : réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, Londres et Berlin demandent une enquête indépendante

  • Source: : Le Monde | Le 15 mai, 2018 à 22:05:11 | Lu 1731 fois | 0 Commentaires
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Gaza : réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, Londres et Berlin demandent une enquête indépendante

Le Koweït a annoncé vouloir une « protection internationale » des civils palestiniens de la bande de Gaza. Les Etats-Unis ont loué « la retenue » d’Israël face aux manifestants.

Le ministère gazaoui de la santé a fait état mardi de la mort d’un bébé qui avait inhalé des gaz lacrymogènes lors des heurts.

Au lendemain d’une journée sanglante à Gaza, deux Palestiniens ont été tués, mardi 15 mai, par des tirs de soldats israéliens dans l’enclave palestinienne, où les abords de la frontière avec Israël sont le théâtre de heurts sporadiques avec l’armée israélienne.

La communauté internationale craignait de nouveaux affrontements entre Israéliens et Palestiniens, qui commémorent la Nakba, la « catastrophe » que fut pour eux la création de l’Etat d’Israël, en 1948, et l’exode de centaines de milliers d’entre eux.

La veille, tandis qu’officiels israéliens et américains célébraient en grande pompe l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, 58 Palestiniens, dont huit mineurs, ont été tués par des tirs israéliens, et 2 400 autres ont été blessés lors d’affrontements à la frontière de la bande de Gaza.

Sur la journée de lundi :   Journée sanglante à Gaza lors de manifestations contre l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem

Usage démesuré de la force

Dans la matinée de mardi, Londres a réclamé qu’une enquête indépendante soit ouverte sur ces événements meurtriers. « Le Royaume-Uni soutient une enquête indépendante sur ce qui s’est passé », a déclaré Alistair Burt, secrétaire d’Etat au Proche-Orient et à l’Afrique du Nord, lors d’une question urgente au Parlement britannique. Le Royaume-Uni a été rejoint dans cette demande par Berlin.

« Je peux dire au nom du gouvernement allemand que nous sommes aussi d’avis qu’une commission indépendante pourrait faire la lumière sur les violences et les affrontements sanglants dans la zone frontalière », a dit à la presse le porte-parole de la chancelière Angela Merkel et du gouvernement allemand, Steffen Seibert.

La bande de Gaza est depuis le 30 mars le théâtre d’une protestation massive appelée « grande marche du Retour ». Elle vise à défendre la revendication des Palestiniens à retourner sur les terres qu’ils ont fuies ou dont ils furent chassés en 1948. Il s’agit aussi de dénoncer le blocus imposé depuis plus de dix ans à la bande de Gaza par Israël pour contenir le Hamas.

Les réactions internationales ont condamné l’usage démesuré de la force par l’armée israélienne. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré, mardi, qu’Israël était un « Etat d’apartheid », accusant le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, d’avoir « du sang palestinien sur ses mains ».

Le pays a invité l’ambassadeur d’Israël à Ankara à rentrer « pour quelque temps » en Israël et a annoncé qu’il rappelait pour consultation ses ambassadeurs à Washington et à Tel-Aviv. En représailles, les autorités israéliennes ont expulsé dans la foulée le consul de Turquie à Jérusalem.

Le président de la République français, Emmanuel Macron, a « condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants » palestiniens. François Delattre, ambassadeur de la France auprès de l’ONU, a qualifié la réponse militaire israélienne d’« inadéquate et disproportionnée ».

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a décidé de rappeler son représentant aux Etats-Unis, au lendemain du transfert de Tel-Aviv à Jérusalem de l’ambassade américaine en Israël.

Le Conseil de sécurité impuissant à enrayer la crise

Convoqué à l’initiative du Koweït, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni à New York dès 16 heures mardi (heure de Paris). Membre non permanent du Conseil de sécurité, le Koweït fera circuler incessamment un projet de résolution visant « à apporter une protection internationale aux civils » palestiniens, a annoncé son ambassadeur auprès de l’ONU, Mansour Al-Otaibi, sans plus de détails.

La réunion du Conseil de sécurité a débuté par une minute de silence à la mémoire des victimes palestiniennes. « Les violences doivent cesser, a clamé le coordinateur spécial pour le processus de paix au Proche-Orient, le Russe Nickolay Mladenov. Il faut que tous les incidents fassent l’objet d’enquêtes complètes. »

Mais pour l’ambassadrice américaine auprès de l’ONU, Nikki Haley, « Israël a fait preuve de retenue » lors des événements de lundi. « Aucun pays dans cette salle n’aurait agi avec autant de retenue que ne l’a fait Israël. »

Le Conseil des droits humains de l’ONU se réunira vendredi pour examiner « la détérioration de la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés ».

L’armée israélienne, qui a mobilisé des milliers d’hommes autour de la bande de Gaza et en Cisjordanie, dit s’attendre à de nouvelles violences dans les prochains jours. « Toute activité terroriste appellera une riposte vigoureuse », a-t-elle prévenu.

Israël redoute le scénario de Palestiniens forçant la barrière de sécurité et s’infiltrant en Israël, où ils pourraient menacer les populations civiles. Le gouvernement a prévenu qu’il emploierait « tous les moyens » pour protéger la barrière, ses soldats et les civils.


 


Auteur: lemonde.fr - Le Monde




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