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LETTRE OUVERTE AUX MEMBRES DE LA COMMISSION AD HOC DE L'ASSEMBLEE NATIONALE.

Posté par: Massamba ndiaye | Mercredi 01 novembre, 2017 22:11  | Consulté 236 fois  |  0 Réactions  |   

Lettre ouverte aux membres de la Commission Ad hoc de l'Assemblée nationale.

 

Décidément, le régime clanique du président de la République, monsieur Macky Sall ne recule devant rien pour commettre des forfaitures et de poursuivre sa descente dans les profondeurs abyssales de l’indignité et de la bassesse morale

En effet, les courtisans du président Macky Sall se sont livrés à des sorties médiatiques en vue de prouver selon leur lecture corporatiste du droit que le député maire monsieur Khalifa Ababacar Sall ne pouvait en aucune façon revendiquer l’immunité parlementaire. Même des praticiens du droit comme le procureur de la République, monsieur Serigne Bassirou Guèye s’était joint à ce cirque de troubadours afin de refuser au maire de Dakar ses droits les plus élémentaires.

Personne ne peut comprendre comment ces autorités publiques viennent maintenant soutenir le contraire de leurs déclarations d’alors. Elles sont rattrapées sur le tard par leurs mensonges grotesques.

Il est déplorable que le procureur de la République se comporte comme un laquais du pouvoir exécutif. Pourtant, il a le droit de veiller au respect des droits des citoyens sénégalais, même de ceux des adversaires les plus redoutables de notre président par défaut, monsieur Macky Sall.

Ce dernier de jour en jour teste vos capacités de résistance face à l’ignominie dont il est le porte drapeau. Il vous instrumentalise à dessein afin de prouver aux autres que vous administrez la justice sous sa dictée.

Le procureur de la République, monsieur Serigne Bassirou Guèye doit éprouver une certaine gêne au moment de l’envoi  de sa lettre au président de l'Assemblée nationale, monsieur Moustapha Niasse, un autre obligé du président Macky Sall.

Vous savez mieux que nous autres que la justice est le garant de la paix sociale. Votre gestion sélective des dossiers judiciaires est préjudiciable au bon fonctionnement d’un État de droit. Ce qui est le plus ahurissant dans ce feuilleton politico-judiciaire relatif à la levée de l’immunité parlementaire de monsieur Khalifa Ababacar Sall, est le fait que vous vous rappelez que nous vivons dans un État de droit. Combien de temps vous a-t-il  fallu attendre pour vous rendre compte du mauvais service que vous rendez à la justice sénégalaise ?

Vous nous demandez non seulement de garder le silence sur la trahison de certains magistrats qui en toute conscience refusent d’honorer leurs engagements de rendre une justice juste et respectueuse de la légalité  en violant la loi pour le plaisir du président de la République,monsieur Macky Sall, mais également vous nous menacez de représailles.

Les citoyens dénoncent simplement les courbettes et les renoncements à l'éthique voire à la vérité de certains magistrats. Tant que certains magistrats violent en toute impunité les lois et les règlements de la République, vous trouverez toujours devant vous des citoyens sénégalais pour dénoncer à la face du monde leur servitude volontaire abjecte. Vous devez sincèrement cesser de nous intimider.

Aujourd’hui, sur instruction du président de la République, monsieur  Macky Sall, vous filez ce dossier politique voire cette patate chaude qui titille votre conception partisane de la justice à un autre briscard de la politique sénégalaise, le président de l'Assemblée nationale, monsieur Moustapha Niasse qui s’accroche malgré son âge avancé aux délices du pouvoir afin d’exécuter froidement cette énième forfaiture de la gouvernance sobre et vertueuse de la dynastie Faye – Sall .

La bassesse morale est aux antipodes de la vertu et du droit.

Les citoyens sénégalais attendent avec impatience la réaction de la Commission Ad hoc en vue de constater avec effroi la chienlit qui prévaut au sein de nos institutions républicaines.

L’affaire politico-judiciaire de la caisse d’avance impliquant le maire de Dakar, monsieur Khalifa Ababacar Sall est un moment historique dans la vie de la nation. En effet, elle offre l’opportunité aux élus du peuple de prendre leurs responsabilités et de se faire une opinion voire même un jugement réfléchi sur leurs actes.

Vous devez tous vous rappeler que le maire de Dakar, monsieur Khalifa Ababacar Sall malgré le fait qu’il soit privé de liberté sur la seule volonté du président Macky Sall, est membre à part entière de l'Assemblée nationale.

Par ailleurs, vous devez tous garder à l’esprit que le maire de Dakar était votre compagnon de route au sein de la coalition Benno Bokk Yakaar et que n’eût été sa volonté de s’affranchir de la ligne destructrice du parti socialiste, conduite par monsieur Ousmane Tanor Dieng, il allait continuer à bénéficier de votre soutien.

Messieurs les membres de la Commission Ad hoc, vous devez vous mettre à la  place du maire de Dakar et de vous dire en toute franchise est ce que les faits qui lui sont reprochés, sont entachés d’irrégularités et constituent in fine un indice grave d’enrichissement et de détournement de deniers publics ?

Au plus, vous devez vous interroger sur le bien fondé de la procédure et l’arrestation du maire de Dakar alors qu’au même moment ses co-accusés membres de l’APR hument l’air de la liberté malgré les lourdes charges de complicité, de faux et usage de faux qui pèsent sur leurs épaules ?

Est-ce que les soubassements politiques de l’affaire de la caisse d’avance impliquant le maire de Dakar ne constituent pas en soi une nullité et une volonté sournoise de le condamner à une lourde peine afin de l’empêcher de faire face à notre président par défaut, monsieur Macky Sall à l’élection présidentielle de 2019 ?

En votre âme et conscience et s’il vous reste encore une étincelle de fierté voire de dignité, devez vous prêter le flanc au président de la République, monsieur Macky Sall pour éliminer un à un ses adversaires politiques de manière illégale et perfide ?

Être politicien, en vue de bénéficier à vie de privilèges et de rentes indus en étant à la solde d’un homme qui passe tout son temps à renier un à un ses  engagements, est il préférable à la vertu, au respect du droit et de la justice ?

Vous devez également vous interroger sur le revirement spectaculaire du procureur de la République, monsieur Serigne Bassirou Guèye sur l’immunité parlementaire du député maire monsieur Ababacar Sall ?

En quoi aujourd’hui le maire de Dakar est il fautif de mauvaise gestion alors qu’il était accueilli et encouragé à bras ouverts avec enthousiasme par le président et la République pendant sa traversée du désert consécutive à son départ humiliant du PDS , la peur au ventre de se retrouver en prison ?

A l’époque , le président Macky Sall cherchait à tout prix l’amitié et le soutien de ceux que son régime clanique et ethniciste combat déloyalement aujourd’hui.

Vous ne pouvez pas moralement répondre favorablement à la demande du président de la République, monsieur Macky Sall en faisant abstraction de la dimension politique de l’affaire et de la rivalité entre les deux hommes.

Oublier cette séquence historique trahit irrémédiablement votre devoir de vérité et de justice.

Cependant, je ne me fais aucune illusion quant à  votre volonté de  lever l’immunité parlementaire de monsieur Khalifa Ababacar Sall et de le faire condamner d’avance sans équivoque par des magistrats soumis aux seuls desiderata du président de la République, monsieur Macky Sall nonobstant leur serment de rendre la justice avec équité tout en respectant les lois et règlements de la République.

Le peuple sénégalais retiendra les  noms et les visages de tous ces misérables lâches de la  commission Ad Hoc qui lèveront toute honte leurs mains en vue de livrer le député maire Khalifa Ababacar Sall à la justice politique du président de la République, monsieur Macky Sall pour terminer le sale boulot.

Pensez au moins une fois dans votre vie, si ce n'est pas déjà  trop tard à l’honneur de votre famille.

 

massambandiaye2012@gmail.com


 

  

 
 L'auteur  massamba ndiaye
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massamba ndiaye
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