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LETTRE OUVERTE AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE DU SENEGAL, MONSIEUR SERIGNE BASSIROU GUEYE.

Posté par: Massamba ndiaye | Jeudi 30 novembre, 2017 15:11  | Consulté 564 fois  |  0 Réactions  |   

Lettre ouverte au procureur de la République, monsieur Serigne Bassirou Guèye.

 

La violence physique et verbale de certains membres de la confrérie mouride sur notre compatriote monsieur Assane Diouf n’est pas tombée dans les oreilles d’un sourd. En effet, le procureur de la République,  monsieur Serigne Bassirou Guèye a très vite diligenté le cas Assane Diouf alors qu’il aurait dû agir depuis très longtemps en tant que protecteur des libertés publiques et gardien de la sécurité des citoyens sénégalais. Personne ne peut expliquer cette soudaine célérité du procureur de la République, monsieur Serigne Bassirou Guèye alors qu’il a gardé le silence des momies sur ce déferlement insoutenable d’insanités.

Dites nous, monsieur le procureur de la République Serigne Bassirou Guèye est ce que la dignité voire l’honorabilité d'une certaine aristocratie maraboutique mouride est plus importante que celle du président de la République, monsieur Macky Sall,  de sa femme Marième Faye Sall que notre compatriote monsieur Assane Diouf a jetée publiquement en pâture  et encore d’autres citoyens sénégalais ?

Personne parmi ces derniers n’a jugé utile de réagir afin de faire cesser ce flot d’injures en portant l’affaire devant la justice. Toutes ces personnes pouvaient légitimement ester en justice contre monsieur Assane Diouf pour injures publiques ou pour diffamation. Elles n’ont pas estimé nécessaire  à ce jour de le faire pour des raisons que seules savent.

Vous avez déclenché l’action publique afin de faire taire monsieur Assane Diouf. Parmi les charges retenues contre notre compatriote monsieur Assane Diouf, vous avez distillé entre autres injures par le biais d’un système informatique, trouble à l’ordre public,  outrage à un ministre du culte et diffamation.

S’agissant du trouble à l’ordre public, dites nous pourquoi vous avez attendu si longtemps pour qualifier les agissements de monsieur Assane Diouf de la sorte ? Ou bien vous attendiez tranquillement dans votre bureau que l’irréparable se produise ou qu’il commette une faute préjudicielle afin de pouvoir faire votre travail ? Que faites vous aussi des voyous qui ont saccagé la maison familiale de monsieur Assane Diouf et d’autres encore qui ont proféré publiquement à visage découvert  des menaces de mort à son encontre ?  De tels actes criminels ne relèvent ils pas du trouble à l’ordre public et ne sont ils pas punissables devant la loi ?

Dites nous encore, monsieur le procureur de la République Serigne Bassirou Guèye qu’est ce qui vous empêche et/ou retient c’est selon de traduire ces voyous devant la justice ? Est-ce qu’ils ne bénéficient pas de la protection de l’élite maraboutique mouride ?  Est -il tolérable dans un État de droit que des voyous puissent exercer une violence gratuite et sauvage en toute quiétude ?

Vous avez certes le droit d’interpeller monsieur Assane Diouf afin qu’il réponde de ses actes. Cependant, la justice doit être administrée avec courage et équité en ayant pour seul souci le respect de la loi et des droits légitimes des citoyens sénégalais. Quelle que soit la gravité des propos irrévérencieux de monsieur Assane Diouf, vous n’avez nullement le droit de le maintenir en prison alors que les voyous qui ont attaqué sa maison familiale en voulant le tuer sont libres et vaquent tranquillement à leurs activités. Dites nous, monsieur le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye  est ce que vous cautionnez de tels actes criminels ou est ce que vous avez les mains liées concernant ces voyous ? Ils ne sont pas mieux que Assane Diouf.  Ce sera un précédent dangereux pour la République et la sécurité des citoyens si ces énergumènes échappaient pour de bon à la justice sénégalaise.

Dites nous, monsieur le procureur de la République Serigne Bassirou Guèye,  depuis quand l’outrage à un ministre du culte fait partie de l’arsenal juridique du Sénégal ? C’est quoi un ministre du culte, ses attributs ? Depuis quand les marabouts, citoyens ordinaires selon notre président par défaut monsieur Macky Sall sont apparentés au ministre du culte dans les dispositions laïques de la République du Sénégal ?  Même si selon vos desiderata du moment, le marabout est un ministre du culte, est ce que les lois et règlements du pays interdisent formellement à un citoyen sénégalais de s’interroger librement sur l’origine de sa fortune personnelle ? Notre compatriote n’a jamais insulté le marabout Serigne Bass Abdou Khadre.

Dites nous, est ce que l’élite maraboutique est au dessus des lois de la République et des citoyens pour que tout propos les concernant soit remis en question et jugé outrageant ? Les marabouts sénégalais sont-ils des intouchables ? Ces questions méritent des réponses précises. Il est de notre devoir de citoyens un droit de réponse à ces interpellations légitimes sur le trop plein de pouvoir de l’élite maraboutique dans la République du Sénégal.

Notre compatriote monsieur Assane Diouf ne mérite pas d’être en prison pour le seul motif de son inconduite supposée au porte parole du Khalife général des mourides , Serigne Bass Abdou Khadre.

Vous vous saisissez de l’opportunité de la sortie criminelle de ces voyous et du rejet tardif de l’élite maraboutique mouride à son encontre pour entrer dans le jeu malsain des autorités de la République afin de faire taire toute voix dissidente qui ne rentre pas dans les plans du pouvoir.

Vous avez le droit de veiller au respect  des droits légitimes des citoyens sénégalais. Rien ne saurait justifier votre inaction sur de nombreux cas de violation manifeste des lois et règlements du pays par certains dignitaires du régime Faye- Sall. Un  procureur de la République doit avoir le courage de s’affranchir de l’injonction intéressée voire tendancieuse du pouvoir exécutif et de veiller aux seuls intérêts du peuple sénégalais.

Dites nous également, pourquoi vous outrepassez vos prérogatives en mentionnant la diffamation dans les charges retenues contre  monsieur Assane Diouf ? Dites nous monsieur le procureur de la République, les personnes que monsieur Assane Diouf  a diffamées ? Avez vous reçu une plainte contre lui pour vous aventurer dans ce créneau ? Si c'est le cas, pourquoi vous ne portez pas à la connaissance de l'opinion sénégalaise le ou les noms des plaignants ? Vous avez l'obligation de circonscrire l'action publique dans les limites des lois et réglements de la République. L'excès de zèle ne doit en aucune façon rentrer dans le champ d'intervention du procureur de la République. La justice, c'est la tempérance.

Dites nous encore, monsieur le procureur de la République Serigne Bassirou Guèye pourquoi les autorités juridiques chargées de faire respecter la loi se permettent de la violer en toute conscience ? Est- il acceptable de vouloir faire signer à un citoyen sénégalais en garde à vue le  procès verbal de son audition sans la présence de son avocat ? Et le respect de la loi dans tout ce charivari politico-judiciaire ? N’oubliez surtout pas que vous avez un devoir de prévention sur la sécurité des citoyens et de leurs biens.

Dites nous encore, monsieur le procureur de la République Serigne Bassirou pourquoi vous ne faites pas une conférence publique afin de porter à la connaissance du public les charges retenues contre notre compatriote monsieur Assane Diouf ? Pourquoi aussi, vous n’avez pas utilisé le cas du flagrant délit afin de le faire juger illico presto? Pourquoi également ouvrir une information judiciaire alors que notre compatriote monsieur Assane Diouf n'a jamais renié ses saillies incendiaires ? Ou est -ce une volonté de l’humilier en l'oubliant sans jugement pendant une longue période de détention pour son irrévérence de s’en prendre à vous et au ministre du culte, une véritable argutie juridique dont vous seul avez le secret? Administrer la justice passe inéluctablement par le respect de la procédure n'est ce pas monsieur le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye ? La justice n'est pas une affaire de vengeance personnelle ou de haine. La droiture dans le jugement est le symbole de la justice voire de l'intégrité morale.

La justice doit être au dessus de la mêlée. En vérité, l’Etat du Sénégal sans l’émergence d’une justice indépendante et courageuse se comporte de facto comme une zone de non droit où ne règne que la tyrannie d’une certaine élite affairiste politico-maraboutique, source de danger réel pour la paix et la cohésion sociales.

En réalité,le véritable problème du pays de la Téranga est notre propension à embellir le mensonge voire à tolérer l'hypocrisie dans nos relations sociales et la collision illégitime entre le pouvoir et une certaine aristocratie maraboutique au détriment de l'intérêt général. Il est urgent que cesse toute cette terreur contre le peuple des sans voix.

 

massambandiaye2012@gmail.com



 

 L'auteur  massamba ndiaye
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