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LA REPUBLIQUE DECULOTTEE DANS LA CITE DE TOUBA.

Posté par: Massamba ndiaye | Samedi 05 août, 2017 21:08  | Consulté 375 fois  |  0 Réactions  |   

 La République déculottée dans la cité de Touba.

 

Les élections législatives du 30 juillet 2017 vont constituer irrémédiablement un  tournant majeur dans la vie de la nation sénégalaise. Jamais, une élection n’a autant suscité de tensions politiques voire sociales.

Le déroulement du processus électoral a permis aux citoyens de constater un manque de rigueur criard et d’organisation des autorités administratives. Les organes chargés des élections n’ont pas joué leurs missions. Il est incompréhensible que dans la circonscription électorale de Touba, les autorités n’ont pas mesuré l’ampleur des dégâts causés par les intempéries survenues le samedi 29 juillet afin de prendre les mesures adéquates pouvant permettre d’assurer un bon déroulement du vote en mobilisant les forces de l’ordre et les agents de l’administration territoriale pour remettre en état les abris provisoires.

Qui plus est, il est également déplorable que l’administration territoriale n’arrive pas à trouver dans la cité de Touba des lieux de vote remplissant les critères de sécurité. Elle s’est contentée d’abris provisoires fragiles pour abriter les élections. L’administration sénégalaise avait tous les moyens à sa disposition pour organiser des élections fiables et  sécurisées. Elle a fait preuve d’un manque de professionnalisme et surtout de l’absence d’éthique républicaine pour pallier à toutes ses insuffisances et permettre in fine à l’électorat de Touba la possibilité d’exercer dans la transparence et le calme leur devoir citoyen.

La mauvaise volonté et un amateurisme sciemment mis en place par les autorités publiques ont fini de créer un chaos indescriptible dans la cité de Touba.

Jamais au pays de la Teranga,  des milliers de citoyens sénégalais ont décidé d’un coup de s’en prendre aux symboles de la République. Cette attitude irresponsable de s'attaquer à la République en saccageant plusieurs bureaux de vote de manière concertée demande une réaction appropriée à la hauteur de cet affront ignoble. Il ne peut y avoir de circonstances atténuantes comme le démarrage tardif du vote pouvant justifier ces violences sauvages de nature à remettre en question les fondements de notre socle de valeurs communes.

L’administration territoriale n’a pas jugé utile de mobiliser les forces de l’ordre dans le but de sécuriser les lieux de vote vu l’enjeu et l’implication de plusieurs membres de la confrérie mouride dans ces joutes électorales. Ailleurs, dans le pays et plus particulièrement dans la capitale Dakar, l’autorité publique a mis suffisamment de policiers et de gendarmes afin de sécuriser les différents centres de vote et ainsi dissuader les fauteurs de trouble de ne pas passer à la violence gratuite.

La présence des forces de l’ordre en nombre suffisant était indispensable pour assurer le vote dans la cité religieuse de Touba. L’autorité administrative est coupable d’avoir permis le saccage des bureaux de vote en laissant aux  badauds la possibilité de commettre leur forfaiture en toute impunité. L’absence de réaction des forces de l’ordre n’est elle pas une volonté sournoise des autorités de la République de laisser installer le chaos dans la cité de Touba dans le dessein d’accuser la coalition gagnante Wattu Sénégal ? Tout indique  à le penser du fait que la coalition  Benno Bokk Yakaar ne partait pas favorite lors de ce scrutin dans la circonscription électorale de Touba et avait plus à gagner dans ces actes de violence en demandant l’annulation du vote par le Conseil Constitutionnel.

Cette scène de violence inouïe lors du vote du 30 juillet 2017 doit interpeller la hiérarchie mouride en  sensibilisant davantage les disciples de Cheikhoul Khadim à faire preuve de dépassement et de respect des lois et règlements de la République. Il ne peut y avoir de favoritisme suspect dans la défense des valeurs de la République.

Les autorités publiques ont le devoir de faire appliquer la loi partout dans le pays sans aucune faiblesse coupable. Il est impensable dans la République que l'État permet l’existence de zones de non droit dans lesquelles la puissance publique refuse voire peine de s’affirmer comme garant de la sécurité des personnes et des biens.

L’Etat du Sénégal a le devoir impérieux d’occuper le terrain dans toutes les localités du pays afin de faire sentir aux populations que la République est le garant de l’unité et la cohésion sociale.

La cité de Touba ne peut pas être à l’écart. Elle fait partie intégrante de la République. Nous devons tous nous interroger sur le discours opportuniste de nos autorités publiques depuis 1960 qui met en exergue la spécificité de la cité de Touba afin de masquer les manquements graves dans la défense des valeurs républicaines loin de toutes considérations aristocratiques voire maraboutiques. La propension de certains citoyens  à défier la puissance publique en toute impunité  est le résultat de l’incurie de l’Etat du Sénégal d’avoir donné depuis fort longtemps le sentiment à ces populations de ne pas être en mesure d’exercer ses prérogatives régaliennes dans la cité  religieuse de Touba.

En vérité, la majorité des mourides à Touba ne se reconnaissent pas dans la République et n'acceptent que l'autorité du khalife dans la cité religieuse. Il est important dans la vie d'une nation de s'arrêter un moment et de se poser en toute franchise cette question terrible et qui remet inéluctablement en cause toutes nos certitudes : qu'est ce qui nous lie et nous unit ?

L'unité et la cohésion nationales ne peuvent avoir lieu au Sénégal voire se pérenniser en faisant l’économie de ce questionnement crucial.

 Le pays traverse non seulement  une crise sans précédent dans l'histoire de notre jeune nation, mais il vit dans l'incertitude, le déni et dans une certaine tension sociale exacerbée par le jeu politique politicien de nos autorités publiques.

 Il revient à chacun d'entre nous de prendre ses responsabilités afin d'alerter l'opinion nationale et d'éviter par voie de conséquence le  chaos qui n'épargnera personne. Je dis bien personne.

 

massambandiaye2012@gmail.com




 

 L'auteur  massamba ndiaye
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massamba ndiaye
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