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COMMENTAIRE SUR QUELQUES AMALGAMES DE MONSIEUR MACKY SALL, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU SENEGAL.

Posté par: Massamba ndiaye | Mardi 27 décembre, 2016 09:12  | Consulté 457 fois  |  0 Réactions  |   

Commentaire sur quelques amalgames de monsieur Macky Sall, président de la République du Sénégal.

 

Le président Macky Sall,  en visite d’Etat en France , s’est expliqué dans une interview sur la problématique de l’islam politique. Il écarte d'emblée le fait qu'on ne peut pas évoquer l’islam en mettant en valeur sa dimension politique. L’islam est et demeure pour son excellence Macky Sall une religion dans sa seule portée cultuelle. Cette religion de paix ne peut en aucune manière être utilisée comme une arme politique voire de violence. Il est vrai que la religion musulmane est intrinsèquement liée à  la notion de paix. Toutefois, le président Macky Sall dans sa tentative de réduire l'islam aux seules pratiques rituelles, semble oublier ou feint d’ignorer que la religion musulmane a pour vocation depuis l’origine de gérer la Cité. La politique  n’est rien d’autre que l’art de gérer les affaires de la société.

Dire comme le président Macky Sall que nous ne serons accepter que « le discours islamique  , qui est en réalité politique » puisse s'imposer dans nos consciences individuelles voire collectives, est un raccourci dangereux et contraire à la quintessence de la religion musulmane. Depuis l’avènement de l'islam au sixième siècle de l’ère chrétienne, la politique comme mode d’organisation de la société était au cœur du nouveau État musulman sous l’égide et la direction du prophète Mohamed ( PSL ). Le prophète Mohamed ( PSL ) avait compris que la religion musulmane ne pouvait être appliquée  dans son intégralité qu’en  rapport avec une société foncièrement enracinée  dans des valeurs spirituelles. Les premiers croyants vivaient sous l'autorité religieuse et politique du prophète Mohamed ( PSL ). D’ailleurs , ils ne s’y trompaient pas. Ils voyaient en Mohamed ( PSL ) non seulement l'apôtre de Dieu, mais également  le chef temporel de la nouvelle communauté de fidèles. Les autres communautés juives qui vivaient dans la Cité de Médine, ne perdaient pas de vue malgré leurs oppositions religieuses au prophète Mohamed ( PSL ) que ce dernier était à la tête de la nouvelle communauté et était chargé de la  diriger dans toutes ses dimensions.

L’islam est éminemment politique. Vouloir le réduire à sa seule dimension cultuelle est de l’amputer de son rôle de direction des croyants dans le sentier de Dieu. Les vicissitudes de l’existence ont éloigné les musulmans de la coexistence harmonieuse  entre pratique religieuse et gestion de la Cité selon les paradigmes de la croyance au Seigneur de l’univers. L’islam  confrérique que le président Macky tente de valoriser en dépit même des anathèmes qu’il a eus à proférer à l’encontre de l'établissement maraboutique est le produit de l’histoire du Sénégal sous domination coloniale française pendant plus de quatre cent ans. Nos illustres prédécesseurs ont chacun de leurs côtés tenté d’instaurer une communauté de croyants respectueuse et fidèles des valeurs religieuses. La société d’alors était organisée de sorte que ses membres avaient comme seule viatique de vivre profondément la croyance musulmane sous le regard bienfaisant du guide spirituel. La colonisation française a complètement déstructuré la société sénégalaise. Les missionnaires catholiques avec l'appui des autorités coloniales ont tenté d'évangéliser la population thiedo. Nos illustres prédécesseurs spirituels ont joué un rôle de premier plan afin d’amenuiser les efforts des colons dans leur tentative de faire du Sénégal une colonie catholique afin de mieux l’asservir  et de mieux la contrôler, en créant des daaras islamiques et en implantant des communautés de croyants un peu partout. N’eussent été la détermination de nos guides spirituels d'enseigner la religion musulmane aux fidèles malgré les privations voire les harcèlements récurrents des colons français afin d’annihiler toute révolte des populations autochtones  et la magnanimité du Seigneur des mondes de faire de cette contrée de l'Afrique sub-saharienne une société musulmane, le Sénégal serait devenu un pays de chrétiens laïcs.

Par ailleurs, l’enseignement du français sous le modèle de l’école républicaine de Jules  Ferry  a fini par baliser la voie à l’émergence d’une société laïque en opposition radicale avec une  communauté de croyants ancrée sur des valeurs de piété et de foi en Dieu. Les constituants de la République indépendante du Sénégal 1960 ont finalisé le pacte avec la France en instaurant et en valorisant la laïcité. Depuis lors, le Sénégal est dirigé selon le modèle français en copiant même son code civil pour diligenter et légiférer des situations et des mœurs autres. Le président Macky Sall ne fait que répéter les leçons de ses maîtres occidentaux à chaque fois qu’il s’agit de parler de l’islam.

Dire également comme le président de la République que nos érudits musulmans doivent « donner la bonne parole  à ceux qui ne savent pas  » revient tout de même à refuser que d’autres sénégalais aient une autre lecture du Coran et de la religion plus proche des origines. Le président Macky Sall doit revoir sa manière binaire (bien ou mal, avec nous ou contre nous) de voir les situations, qui au demeurant, sont très complexes. De quel droit ou compétence jurisprudentielle islamique, monsieur Macky Sall peut faire prévaloir pour nous indiquer le vrai islam en opposition au "mauvais" islam? Nous autres sénégalais n'avons pas besoin de ses services pour nous enseigner la pratique religieuse. Ces autres compatriotes qui essaient de vivre leur foi musulmane en faisant l’économie de notre ordre maraboutique, doivent être respectés  à  partir du moment où leurs pratiques cultuelles ne constituent pas une menace à  la sécurité de la nation et au respect des autres formes de croyance. Le président Macky Sall enfonce le clou en évoquant le fait qu’il préfère « de ne pas avoir de religion que de suivre les injonctions de nos autres coreligionnaires ». Il en arrive même à utiliser le vocable d’impérialisme culturel pour qualifier cette façon de vivre la religion musulmane. Notre président semble oublier que malgré les quelques différences de compréhension de certains aspects de la foi musulmane, ces communautés de croyants partagent énormément de valeurs religieuses. Le musulman salafiste ou ibadou rahman ( serviteurs de Dieu ) est le frère en religion du mouride ou du tidiane.

Le président Macky Sall doit cesser d'incriminer les musulmans qui ont souverainement et de bonne foi tourné le dos à nos chapelles confrériques pour vouer un culte sincère au Seigneur des mondes  proche de la première communauté de croyants de Médine. Il ne sert absolument à rien d’opposer de façon continuelle et irresponsable les différentes communautés de  musulmans.  Cette animosité voire cette méfiance à l’encontre d’une partie des croyants musulmans est dangereuse et contre productive. A partir du moment où leurs pratiques cultuelles ne constituent pas une menace réelle à la paix sociale, la meilleure attitude responsable et citoyenne est de les laisser vivre librement et sereinement leur foi. Le respect des valeurs républicaines impose à  nos autorités politiciennes de savoir raison garder et de ne pas se mêler de la façon dont les uns et les autres veulent et souhaitent vivre leur foi religieuse.

Par contre, l'impérialisme culturel occidental fait énormément de ravage. Le mode de vie et les mœurs occidentales ont fini de chambouler et de déstructurer complètement l’héritage de nos ancêtres et le paysage culturel sénégalais. C’est à cet impérialisme là que son excellence Macky Sall doit faire face afin de protéger le pays des dangers d’une mondialisation galopante qui a pour dessein d'instaurer partout le même modèle consumériste occidental et de détruire le substrat socio-culturel sénégalais.

Par ailleurs, à partir du moment où le président Macky Sall fustige la tenue vestimentaire de certains croyants musulmans, il lui revient de droit de tenir le même discours ferme et courageux aux autorités saoudiennes à titre d’exemple, qui appliquent ouvertement le dogme islamique au vu et au su du monde occidental dont il souhaite incarner parfaitement le modèle de l'élève soumis. Mais, comme le Sénégal est un pauvre, qui a plus que besoin de l'appui financier des pétrodollars, il ferme les yeux sur cet islam "rigoriste" qu’il vilipende ailleurs pour faire plaisir à ses maîtres occidentaux. Cette vision politique à la fois hypocrite et opportuniste ne peut tenir lieu de programme. Le président doit mesurer de manière efficiente  ses choix politiques afin de garantir et de préserver la sécurité nationale et la paix sociale.

 

massambandiaye2012@gmail.com

 

 L'auteur  massamba ndiaye
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massamba ndiaye
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