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COMMENTAIRE SUR LES PROPOS DE MONSIEUR CHEIKH AMAR.

Posté par: Massamba ndiaye | Lundi 26 décembre, 2016 16:12  | Consulté 462 fois  |  0 Réactions  |   

Commentaire sur les propos de monsieur Cheikh Amar.

 

« Il ne faut pas être ingrat. Les gens qui ont bénéficié des bourses, de l'argent du contribuable pour venir étudier(en Europe), ont l’obligation de retourner au Sénégal pour aider leur pays ». Cheikh Amar sur RFI.

 

L’entrepreneur Cheikh Amar s’est livré à un exercice de communication dans le dessein de marquer son patriotisme et in fine de réveiller la fierté des étudiants établis en Europe de venir servir la nation sénégalaise.Jusque là,  on ne peut pas en vouloir à monsieur Cheikh Amar de titiller l’orgueil de ses jeunes compatriotes de rentrer au Sénégal pour aider le pays de par leurs compétences et expertises. Toutefois, cette réflexion de monsieur Cheikh Amar doit être recadrée pour mieux apprécier sa justesse et sa faisabilité.

Les étudiants sénégalais vivant en Europe grâce à l’argent du contribuable, et surtout à ne pas oublier ou sous estimer de par leurs mérites scolaires ne sont pas du tout ingrats pour la plupart d’entre eux. Il ne suffit pas de faire des déclarations simplistes voire populistes pour qu’ils se décident de rentrer au bercail avec leurs diplômes en main. L’État du Sénégal doit revoir sa politique en matière de recrutement de fonctionnaires au sein de l’administration publique. Au plus, il appartient à nos autorités de créer un cadre de coordination avec les structures académiques compétentes, le ministre du travail, le service public de la statistique et le secteur privé national afin de définir les besoins réels de la République en termes de compétence et de main d'œuvre qualifiée pour rééquilibrer notre politique d'orientation des étudiants à l'étranger et de faire des économies d'échelle. Le Sénégal ne peut plus continuer dans cette direction de financer les études des étudiants à l'étranger sans être en mesure de leur proposer un cadre dynamique d’insertion afin qu’ils puissent offrir et valoriser leurs compétences pour le plus grand bien de la communauté. Il revient à la puissance publique de se donner les moyens d’une politique réelle et efficiente de l'emploi. A cet égard, les autorités de la République doivent cesser de donner des postes de responsabilité à des gens qui ont ni la qualification et ni la compétence. Les étudiants sénégalais établis en Europe suivent de très près l'actualité nationale et sont souvent dégoûtés de la manière dont les plus hauts représentants de l’État recrutent les cadres au sein des administrations publiques et des sociétés nationales.

Par ailleurs, les étudiants sénégalais établis à l'étranger ont une peur bleue de rentrer au pays pour briser leurs espoirs à partir du moment où des milliers de diplômés très souvent compétents éprouvent la plus grande difficulté pour trouver un simple stage. Pour la plupart des étudiants établis à l'étranger et qui sont par ailleurs des soutiens de famille indéfectibles, c’est un pari très risqué de quitter leur pays d'accueil pour rentrer au Sénégal. Pour l’essentiel , ils n’ont pas de parents riches, politiciens, hommes d’affaire, marabouts pour leur trouver un travail bien rémunéré. Ne nous leurrons pas, nous savons tous comment les recrutements se passent et se font au pays de la Teranga. Il faut commencer par montrer la voie au sein même de vos entreprises en privilégiant seulement la compétence et l'éthique de l'employé. Toutes autres considérations fondées sur le copinage, les relations familiales, l’ethnicisme, l'appartenance confrérique pousseront certains à rester à l'étranger même pour occuper des emplois subalternes, mais bien rémunérés en comparaison de ce que l’État ou les entreprises publiques ou privées  peuvent leur offrir.

Monsieur Cheikh Amar comme d’autres personnalités doivent cesser de faire porter la responsabilité à autrui à partir du moment où l’État en tant qu’organisme public, chargé de définir les politiques pour le bien être de l’ensemble du corps social sénégalais, est incapable de proposer des solutions idoines aux demandeurs d'emploi. La seule question qui mérite d’être posée est la suivante : si, les étudiants sénégalais établis à l’étranger souhaitent ne pas rentrer pour servir le pays et retrouver la cellule familiale, la faute revient à qui ? Répondre à cette question existentielle permet de trouver la solution à cette lancinante interrogation. Des aléas de la vie peuvent les conduire à faire leur vie dans le pays d'accueil. Les étudiants ou étudiantes sénégalais peuvent rencontrer leur compagnon de vie et se marier. A partir de là, ils peuvent choisir de vivre dans leur pays d'accueil nonobstant le fait d'avoir bénéficié du soutien de l’État sénégalais pour poursuivre et réussir leurs études. Ils peuvent aussi saisir l’opportunité d’un emploi bien rémunéré en rapport avec leurs qualifications alors qu'au Sénégal s’ils sont recrutés c'est souvent bien en deçà de leurs compétences. N’oublions   surtout pas que ces étudiants sont très souvent des soutiens de famille et qui aident par le peu de moyens à leurs dispositions leurs parents démunis voire pauvres. Une lecture plus attentive de certaines considérations permet de mieux appréhender le phénomène et d'empêcher de clouer au pilori les étudiants sénégalais établis à l’étranger.

Pourquoi, par ailleurs, monsieur Cheikh Amar et d’autres moralistes occasionnels ne s'offusquent pas que certaines autorités utilisent leurs positions dans la République pour octroyer des bourses d'études à leurs enfants au détriment d’autres sénégalais issus pour l’essentiel de familles pauvres ? Ces personnalités politiques ou cadres dans les sociétés nationales ont les moyens de payer les études de leurs enfants, mais par cupidité veulent encore profiter du système du fait de l'incurie et de la lâcheté de nos gouvernants. Il faut travailler davantage pour la mise en œuvre d’une justice distributive plus efficace et profitable à l’ensemble des citoyens sénégalais.

Toutefois, la réflexion approximative de monsieur Cheikh Amar proche de l’anathème, malgré son manque de justesse et de rigueur, doit permettre au président Macky Sall de poser les vraies questions sur le pourquoi du non retour au pays natal des étudiants sénégalais établis à l’étranger et d’apporterégalement des solutions efficientes permettant de régler de manière générale la problématique de l'emploi des diplômés et des jeunes sans qualification professionnelle , un enjeu majeur qui risque de menacer l’équilibre de la société sénégalaise .

 

massambandiaye2012@gmail.com 

 L'auteur  massamba ndiaye
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massamba ndiaye
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